À L'ABORDAGE

Lors d'une promenade en forêt, les deux amies Sasha et Carlie découvrent une communauté autarcique menée par le chef Kinbote qui prône le renoncement à l'amour. C'est sans compter sur le coup de foudre de Sasha à la vue d'un des disciples, Ayden. Bien déterminée à conquérir son coeur, Sasha fait voler en éclat ces chastes principes grâce à son habile rhétorique et en jouant de son identité trouble homme ou femme. Ses fins stratagèmes font succomber son bien-aimé certes, mais donnent également lieu à un quatuor amoureux inatendu. Le célèbre metteur en scène Clément Poirée exalte avec brio la passion, portée par la synergie folle des comédiens pour faire rimer les visions plurielles de l'amour dans un incubateur expérimental.

 

Conquérir son désir et gagner sa liberté.

 

Note d'intention Clément Poirée
Deux toutes jeunes femmes travesties en hommes venues conquérir coûte que coûte l’être aimé ; un jardin, havre de paix, farouchement coupé du monde ; un maître à penser charismatique dirigeant les faits et gestes de sa petite communauté autarcique ; un tout jeune homme dangereusement protégé de l’amour. Voilà en quelques mots ce que nous avons gardé du Triomphe de l’amour : les grands mouvements, les archétypes. Nous les avons livrés à la plume vive, insolente, poétique d’Emmanuelle Bayamack-Tam ; de cette friction est née une toute nouvelle pièce. La trame subtile et implacable de Marivaux s’est gorgée de toute l’ardeur, la jeunesse et la sensualité qui illuminent les pages des romans de Bayamack-Tam.
Ah ! Parler de désir et de liberté ! Remettre au centre de la scène la jeunesse tout à la fois fragile et renversante ! Se laisser rattraper par la vie et son chaos ! De cette première conversation entre deux auteurs en a découlé une seconde : celle du plateau et de l’écrivaine. C’est un grand privilège que de pouvoir se mettre au service d’une dramaturge. Étape par étape, mettre à l’épreuve les scènes qui s’écrivent, laisser les corps des acteurs nourrir le texte qui s’élabore. C’est une première pour moi : tenter de construire un lien organique entre une œuvre et une troupe. Un rêve de metteur en scène. Et surtout, c’est l’occasion de se poser des questions qui méritent aujourd’hui toute notre attention et qui m’ont tant attaché à l’œuvre d’Emmanuelle Bayamack-Tam : Peut-on vivre à l’abri du monde comme il va ? Quelle place donner aux disgraciés? Comment se libérer de nos peurs ? Comment conquérir son désir et faire triompher l’amour ?

 

----------------------------------------------

Distribution complète : scénographie Erwan Creff —lumières Guillaume Tesson assisté d’Edith Biscaro —costumes Hanna Sjödin assistée de Camille Lamy —musiques et son Stéphanie Gibert assistée de Farid Laroussi —maquillages et coiffures Pauline Bry-Martin —collaboration artistique Pauline Labib-Lamour —régie générale et plateau Silouane Kohler en alternance avec Franck Pellé —régie son Stéphanie Gibert en alternance avec Farid Laroussi —régie lumière Edith Biscaro en alternance avec Guillaume Tesson —habillage Emilie Lechevalier en alternance avec Pauline Bry-Martin et Solène Truong Production : Théâtre de la Tempête, subventionné par le ministère de la Culture, la Région Ile-de-France et la Ville de Paris ; avec la participation artistique du Jeune théâtre national ; avec le soutien du Fonpeps et de l’Adami (captation vidéo).
Crédit photo : © Morgane Delafosse

À suivre dans "Théâtre"