Comment désapprendre la haine et ancrer un rêve de fraternité ? Cette question solennelle taraude l’humanisme de Romain Gary qui, en écrivant Chien Blanc, se plonge dans la violence qui suinte de la société américaine de la fin des années 1960 et le combat des antiracistes mené par Martin Luther King. Le malaise se cristallise dans un personnage-métaphore, celui d’un chien, blanc, recueilli par Romain Gary et Jean Seberg, et qui s’avère au-delà des apparences d’une extrême sauvagerie. Par un faisceau de ressources artistiques – marionnettes, corps, espaces graphiques, musique jouée en direct – le texte transposé au plateau nous invite à réfléchir à la question du conditionnement de l’esprit humain. La frontière se brouille entre le vrai et le faux, l’humanité et l’animalité. C’est ingénieux, captivant et frappant de réalisme.
 

De l’art de donner vie à des créatures en papier


Cette réflexion toujours d’actualité sur la haine et le racisme, sur fond de lutte pour les droits civiques des Noirs aux Etats-Unis dans les années 1960, est habilement servie par les marionnettes et la mise en scène de Camille Trouvé, par l’interprétation (et manipulation) de Brice Berthoud et Tadié Tuéné (avec Yvan Bernardet), sans oublier la musique jazz jouée en direct par le compositeur et batteur Arnaud Biscay.
LE MONDE Cristina Marino

 

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Scénographie  Brice Berthoud assisté de Margot Chamberlin | Musique Arnaud Biscay et Emmanuel Trouvé | Son Antoine Garry | Lumière Nicolas Lamatière | Création Images Marie Girardin, Jonas Coutancier | Costume Séverine Thiébault | Mécanismes de scène Magali Rousseau | Décor Les Ateliers de la MCB
 
Coproduction / MCB° - Scène nationale de Bourges, Le Bateau Feu - Scène nationale de Dunkerque, La Maison des Arts du Leman, Scène conventionnée de Thonon-Evian-Publier, Le Tangram - Scène nationale Evreux Louviers, Culture Commune - Scène nationale du Bassin minier du Pas de Calais et le Théâtre 71 – Scène nationale de Malakoff. Avec le soutien d'ARCADI Ile-de-France, de la SPEDIDAM et de l'ADAMI.