Adieu Monsieur Haffmann

Paris - Mai 1942 : Le port de l’étoile jaune pour les Juifs est décrété. Joseph Haffmann, bijoutier juif, demande à son employé Pierre Vigneau de prendre la direction de sa boutique et de l’héberger clandestinement le temps de l’occupation. Pierre accepte mais à ses conditions…

La pièce de Jean-Philippe Daguerre parle d’amour, de courage et de peur. Elle aborde aussi un sujet qui fait toujours l’actualité, celui de la spoliation des œuvres d’art par les nazis. Construite comme un scénario de film, sa dramaturgie exalte un langage de jeu en sobriété mais puissant.

Un spectacle pour aider peut-être à mieux comprendre le désordre des Hommes.

 

Une page d’Histoire, un parfait dosage de profondeur
et d’humour satirique.

 

« Essayons d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple ». 
Jacques Prévert

  

Notes de mise en scène

L’écriture d’ ”Adieu Monsieur Haffmann” par sa construction dramaturgique et rythmique peut faire penser à un scénario de film.  Autant j’adore le cinéma autant je n’aime pas le jeu “naturel” du cinéma au Théâtre. Je m’attacherai dans ma direction de jeu à proposer un point de vue rythmique guidée par cette conviction intime qui influence toutes mes mises en scènes du répertoire classique et contemporain :  « Les temps du Théâtre ne sont pas les temps de la vie ».  On ne respire pas au Théâtre comme dans la vie, on ne parle et on ne bouge pas au Théâtre comme dans la vie.  Je pense en effet que le Théâtre a pour devoir de proposer un langage de jeu « extraordinaire »… que ce soit au niveau de l’engagement physique et émotionnel ou de la valeur du son, des silences et du rythme … vigilance encore plus accrue quand on s’attaque à une écriture  contemporaine qu’ont peut vite tirer vers un coté “conversation” que je déteste.  Par ailleurs, je me retrouve tout à fait dans ce gentil reproche adressé par Anouilh à Jean-Louis Barrault qui jouait dans une de ses pièces : “Ce n’est pas vous mais le public qui doit pleurer”. Donc pas de complaisance émotionnelle et narcissique, pas de quatrième mur, pas de gestes qui ne servent à rien, pas d’onomatopées gratuites qui précèdent ou concluent les répliques. Je veux une parole forte et vive qui circule à travers des comédiens puissants et généreux qui transpirent le plaisir de transmettre cette histoire jusqu’au fond de la salle.  Même principe pour les costumes et la scénographie que j’imagine sobres et efficaces. Je n’aime pas les décors et costumes trop illustratifs qui étouffent les comédiens. Je ne veux que des éléments essentiels sur scènes permettant aux spectateurs d’imaginer en deux temps trois mouvements qui sont les personnages et où ils se trouvent [...] L’élégante sobriété du décor et des costumes impliquant évidemment une création lumière et sonore très fine. Il me reste enfin à trouver le moyen de mettre clairement en scène cette longue et dernière scène finale autour de la table… parmi les nombreuses idées qui me viennent en tête cela pourrait d’ailleurs être la plus cinématographique qui pourrait avoir mes faveurs. 
Jean-Philippe Daguerre

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Avec le soutien du réseau ACTIF

À suivre au mois de Octobre