Georges, 44 ans, et son blouson, 100% daim, ont un projet.

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Entretien avec Quentin Dupieux, réalisateur :

Quel est le point de départ de cette histoire ?

Je voulais filmer la folie. J’ai l’étiquette d’un réalisateur qui fait des films fous, mais je n’avais jamais vraiment filmé la folie en face. Bien sûr que Steak, Rubber, Réalité, Au Poste! ont quelque chose de dingue. Mais il y a toujours eu dans mes films précédents des astuces pour que la folie soit plutôt un truc « rigolo » et hors du réel. C’est les films qui étaient dingues, pas les personnages. J’avais très envie de me confronter enfin à un personnage qui déraille, sans artifice, sans mes trucages habituels. Le Daim est donc mon premier film réaliste. Je sais que ça fait marrer les gens quand je le dis mais je le pense profondément. C’est la première fois que je me confronte à la réalité. Une histoire, des acteurs et c’est tout.
 

« Premier film réaliste »... C’est quand même l’histoire d’un homme qui tombe amoureux d’un blouson en daim...

Oui, mais la folie de Georges s’inscrit dans une réalité. Dans mes précédents films, on était chez Zinzinland, tout pouvait arriver. Ici, le personnage est concret. Le monde qui l’entoure aussi. Vous pourriez croiser Georges dans la rue. Vous pourriez même être Georges. C’est ça qui fait peur. J’ai déjà côtoyé des « Georges » dans ma vie. C’est assez déstabilisant.Normalement, dans un récit sur la folie, on assiste au glissement du personnage. Ici, on ne sait quasiment rien de Georges...