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Une nuit de pleine lune. Des nappes de brouillard se dissipent. D’un puits s’échappent deux silhouettes féminines, comme tirées d’un profond sommeil. De leur mémoire va ressurgir la mythique histoire de Troie.
La ville est assiégée, la bataille fait rage au-delà des remparts. Là bas les hommes, ici les femmes. La cité bat à leur rythme : elles se taquinent, cancanent, se vantent et se défient, fortes, énergiques, méticuleuses, joyeuses : pour chasser la peur. Et puis quand tout bascule…
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Le récit, dont la cruauté est traversée d’humour et de tendresse, est un savant mélange d’Euripide, Homère, Sophocle et Virgile , servi par deux comédiennes-conteuses qui nous transportent littéralement. Brossant une galerie de portraits d’un simple claquement de doigts, de main, d’échange de paroles qui s’assemblent, se défont, s’affrontent, elles font mouche et touchent au plus juste. Elles installent le quotidien avec génie comme si tout se passait là, aujourd’hui, et que nous étions nous-mêmes dans la tourmente. Leurs voix sont celles des mères, des épouses, des filles, de toutes les femmes prises au piège des conflits et qui se battent pour survivre et protéger. Les rires et les larmes de ce magnifique duo mis en scène avec une simplicité raffinée sonnent comme un avertissement qui s’adresse à tous, petits et grands. |