Le roman qui a valu à Romain Gary alias Emile Ajar le prix Goncourt 1975 narre l’histoire poignante et drôle d’une vieille femme juive rescapée des camps de la mort et d’un petit arabe malmené par la vie qu’elle a en quelque sorte adopté.
L’adaptation, d’une grande finesse, parle avec légèreté et vérité, des choses les plus graves, avec les mots simples des pauvres gens qui n’ont rien à perdre : pas de faux semblants, pas de tricheries.
Le décor : un immeuble décrépit de Belleville, témoin d’une intimité faite de peurs, de joie de vivre, d’humour, de bon sens qui balaie les idées reçues, bouscule tous les conflits.
La grande Simone Signoret a magistralement joué à l’écran le rôle de Madame Rosa. Myriam Boyer n’a rien à lui envier : elle est d’une densité extraordinaire.
Elle a la gouaille, la fragilité, la générosité nécessaire pour incarner cette femme au grand cœur. A ses côtés le jeune Aymen Saïdi campe un formidable Mohammed bourré d’énergie et de tendresse.
Didier Long a mis en scène ce beau duo avec un tact infini. Tout est présent, concret, lumineux, intense. On passe constamment du rire à l’émotion et on reçoit 5 sur 5 le message de tolérance que nous transmet cette « vie devant soi », chaleureuse et profondément humaine.
Molière 2008 de la meilleure comédienne : Myriam Boyer et Molières 2008 de la meilleure adaptation et du meilleur spectacle du Théâtre Privé.
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