e miracle de cette pièce est d’abord d’en être une. Conçue a partir des dizaines de milliers de lettres qu’ont échangés sans relâche Juliette Drouet et Victor Hugo, elle parle de désir, de tendresse, de jalousie inquiète, d’un amour-passion pris dans le tourbillon du romantisme le plus exacerbé, où s’entendent les échos de la vie politique, sociale et littéraire de ce 19ème siècle foisonnant.
Dans ce spectacle tout est raffiné : le décor, les costumes, superbes, et la musique, sans oublier la mise en scène soignée de Jacques Descombe.
Pour jouer cette histoire d’amour vraie que la fiction n’oserait imaginer il fallait des comédiens qui incarnent plutôt qu’ils n’interprètent leurs personnages. C’est exactement ce qui se passe. La brune Andrea Sogno fait littéralement revivre cette Juliette qui sacrifia tout et qui écrivait si bien. Elle est belle, rayonnante, vive, sensuelle et coquine : elle emporte tout sur son passage. En face d’elle Sacha Petronijevic est un Victor Hugo plein de retenue, très juste et attachant. Le spectateur se retrouve au cœur de l’intime et se sent touché personnellement voire bouleversé. Dire l’amour est une chose que le poète savait faire admirablement. Juliette, elle, avait ce don particulier de savoir le vivre et d’y faire croire.
Ce spectacle, défi risqué relevé haut la main, est un pur bonheur.
photographe : Sébastien LECOUSTER
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