groenland
Les frissons de la terre

Sur la trace de la tectonique des plaques
En présence des réalisateurs Christophe Raylat et Pierre Petit
Tarif plein 8€
Tarif réduit 6,5€
Tarif moins de 14 ans 4€
En partenariat avec Document-Terre

À l’été 2025, France Pinczon du Sel et Éric Brossier, couple d’explorateurs polaires, embarquent pendant deux mois sur leur fidèle voilier Vagabond. Aux côtés de Laurent Geoffroy, géophysicien au CNRS, ils rallient les dykes géants au sud du Groenland pour étudier des roches anciennes, révélées par la fonte des glaces.
Ces pans de lithosphère, mis à nu par le réchauffement climatique, dissimulent dans leurs fissures les traces des premiers frémissements de la Terre. Les étudier permet de dater plus précisément le début de la tectonique des plaques, une énigme scientifique toujours irrésolue.
Mais dans ce voyage au cœur de notre planète, l’équipe doit faire face à une nature de plus en plus impitoyable : icebergs à la dérive, ours polaires affamés et un environnement en constante transformation. Pendant l’expédition, Éric et France renouent également avec ce territoire qu’ils ont autrefois habité. En lien avec les Groenlandais, ils découvrent un peuple pris dans un dilemme : la fonte des glaces bouleverse leur mode de vie, tout en
rendant plus accessibles des richesses minérales convoitées. Faut-il préserver, ou bien s’enrichir ?
L’aventure des explorateurs, à la fois scientifique et humaine, promet une plongée inédite dans ce désert glacé, et souligne l’urgence de mieux le protéger.
Note d’intention
« Depuis 25 ans, été comme hiver, nous nous consacrons pleinement à l’exploration et à la compréhension des milieux polaires en contribuant à la recherche scientifique. Après avoir été le premier voilier de l’histoire à franchir le passage du Nord-Est en une saison, puis à boucler le tour de l’Arctique en deux étés en 2002 et 2003, nous, Vagabond et son équipage, avons enchaîné cinq hivernages au Spitzberg, nombre d’expéditions scientifiques ou artistiques au Groenland ou au Nunavut, totalisant douze hivernages ainsi que l’immense privilège de connaître assez intimement des Inuits de Grise Fiord, Qikiqtarjuaq ou Arctic Bay au Nunavut, auprès desquels nous avons tant à apprendre.
Afin d’étancher notre soif d’aventure et de découverte, nous nous sommes créé un mode de vie permettant de vivre nos aspirations de grands espaces, de ressourcement dans ces régions fascinantes tout en y mettant un sens
fort : notre engagement à nous rendre utile mais aussi à transmettre. Ces connaissances nous concernent tous. Ce que l’Arctique nous apprend nous pousse à prendre soin de notre planète.
Bien sûr, vivre à l’année sur un voilier dans l’Arctique implique bien des adaptations, de connaître les joies de l’exploration dans les glaces en été, comme la magie des hivernages sur la banquise. Les contraintes sont apprivoisées au fil des années et ce qui peut paraître hors normes devient notre quotidien.
Cet été marquera la huitième saison de missions pour Laurent Geoffroy autour de thématiques géologiques. Sa quête, qui vise à décrypter les mécanismes millénaires de la croûte terrestre, fait écho à des préoccupations qui deviennent pour nous récurrentes. Jamais les recherches scientifiques que nous avons suivies ne nous avaient plongés aussi loin dans le passé. Curieusement, cette échelle de temps nous renvoie à notre réalité, nourrissant une réflexion sur un futur très proche : jusqu’où les bouleversements climatiques en cours, dont la rapidité nous sidère, vont-ils nous mener ? Et qu’adviendra-t-il de notre planète et des hommes ?
Depuis toujours, notre quête est de mieux observer et comprendre les changements climatiques en étant sur le terrain, au contact des scientifiques et des habitants de l’Arctique. Nous cherchons à comprendre comment les populations locales s’adaptent au changement climatique et à examiner les enjeux géopolitiques associés. Car l’Arctique se réchauffe quatre fois plus vite que le reste du monde. Dans quelques années, il sera probablement
possible d’atteindre le pôle Nord dès le mois de septembre, sans rencontrer de glace. La voie sera alors libre pour les compagnies minières et pétrolières, les entreprises de transport maritime, les croisiéristes, les marines militaires, les pêcheurs… Au Groenland, il est urgent pour les autorités de mettre en place de nouvelles réglementations. Mais pour cela, une connaissance approfondie de l’Arctique et de son évolution est indispensable. C’est pourquoi la recherche scientifique dans cette région est plus importante que jamais.
Nous sommes donc pleinement engagés à soutenir Laurent Geoffroy dans sa mission scientifique Protero-Litho2. Ses 30 ans d’expérience au Groenland, sa rigueur scientifique et ses recherches nous sont précieuses pour mieux
comprendre le sol de l’Arctique, ses ressources, ses dynamiques et ses transformations. De son côté, Laurent a besoin de notre expertise, fruit de vingt ans de connaissance du territoire. Un territoire qui nous saute aux yeux lorsque nous comparons les paysages d’antan, empreints de nostalgie, à ceux aujourd’hui marqués par le changement climatique.
Les différentes études récentes de compagnies minières ont révélé que le sol groenlandais regorge de ressources précieuses : hydrocarbures, uranium, fer, et autres terres rares. Celles-ci, avec la fonte des glaces, affleurent à la surface et attirent la convoitise des grandes nations. Cependant, les habitants locaux sont souvent mal informés sur la richesse de leurs terres. Notre objectif est de tisser des liens entre scientifiques et communautés locales, d’ouvrir un dialogue et mieux comprendre les modes de vie et questionnements des populations autochtones. Nous voulons leur fournir les outils nécessaires pour se défendre face à ceux qui cherchent à s’approprier leur territoire.
Notre travail au Groenland est avant tout une ode aux grandes collaborations internationales, au travail collectif entre scientifiques, explorateurs et populations locales. Ils nous montrent qu’il est possible de travailler ensemble de manière efficace et sereine, au-delà des différences culturelles, pour mieux comprendre notre planète. C’est la seule voie pour
avancer vers un mode de vie plus harmonieux. Mais la recherche scientifique peut-elle réellement contribuer à un apaisement collectif ? Comment encourager les citoyens à accorder davantage de confiance à la science ? Ces questions nous préoccupent et nous aspirons à jouer ce
rôle de passeurs. L’objectif est de sensibiliser les jeunes, le grand public et différents acteurs pour susciter ensemble un éveil des consciences. »
France Pinczon du Sel et Éric Brossier
Christophe Raylat
Christophe Raylat, a longtemps mené un parcours de réalisateur en parallèle d’activités éditoriales. Après avoir été journaliste pendant quinze ans, successivement rédacteur en chef de Montagnes Magazine, fondateur de Trek Magazine et de Roadbook Media, il a dirigé les éditions Paulsen-Guérin pendant cinq ans.
Depuis 2017, il se consacre totalement à l’écriture et à la réalisation de documentaires, en particulier pour la chaîne ARTE. Passionné de montagne et de grands espaces, il travaille régulièrement avec l’écrivain Sylvain Tesson, avec qui il a signé une dizaine de films pour ARTE, France Télévisions et National Geographic. Depuis 2020, il a cofondé le Chamonix Film Festival, destiné aux documentaires de montagne.
Pierre Petit
Pierre est depuis toujours un passionné d’image et de voyage. Il débute par des films animaliers, et s’intègre dans des expéditions alpines en réalisant par exemple Le Doigt de Dieu, au-delà des sommets et Darwin, la cordillère secrète. Après l’aventure Roadbook aux côtés de Christophe Raylat, et alors que les drones sont peu performants, il développe en 2015 l’image aérienne en créant des aérostats à hélium pour des productions 3D relief et devient référent en image aérienne pour plusieurs films publicitaires et des longs métrages : Ouragan, Terre des Ours, Burning Man.
Parallèlement, Pierre se consacre à des sujets pour la télévision, avec des films comme comme Wild Cats, Frère des arbres et des documentaires incarnés comme Dans le sillage d’Ulysse avec Sylvain Tesson et Russie secrète, sur les rivages de la mer Blanche avec Cédric Gras pour ARTE, ou encore Les Ailes de Patagonie pour National Geographic. Par ailleurs, il s’engage aussi sur des documentaires à fort engagement écologique (Gardiens de la Forêt), géopolitique
ou historique.





