made in france
Compagnie La Poursuite du Bleu

Une farce qui éclaire, une satire qui percute
Texte et mise en scène
Samuel Valensi et Paul-Eloi Forget
Durée 1h35
Conseillé à partir de 13 ans
Tarif plein 35 €
Tarif réduit 32 €
Tarif moins de 14 ans 25 €
Catégorie abonnement B
Après tout ce temps passé à l’attendre derrière les barreaux, ça y est, Émile a obtenu sa peine aménagée. Dès demain, il passera ses journées à l’usine et ses nuits en centre de détention, de quoi rêver d’une sortie rapide pour bonne conduite. Problème : l’usine où il s’apprête à travailler délocalise. Émile n’a plus le choix, pour se sauver, il faut qu’il devienne le meilleur des syndicalistes, sauve l’usine, ses collègues et, peut-être, au passage, le pays tout entier.
Made in France raconte le combat d’hommes et de femmes prêts à tout pour sauver l’industrie française… enfin presque tout. Frais et percutant, le spectacle se révèle une véritable farce politique pour éveiller les consciences avec fureur et drôlerie. Des rebondissements comme s’il en pleuvait et une intrigue délirante et désopilante. C’est jubilatoire !
Molières 2026 de la meilleure mise en scène.
Note d’intention de la Compagnie / designée en France 😉
« Étant contraints par la législation en vigueur d’indiquer l’origine de nos productions, nous précisons à celles et ceux qui nous lisent que nous avons sous-traité la réalisation de [cette note d’intention] à des auteurs et autrices situé•es au Miniprikistan. Ce choix a été mûrement réfléchi et motivé par de nombreux facteurs.
Le premier d’entre eux, évident, est le facteur économique. En sous-traitant la réalisation de [cette note], nous écrivons beaucoup plus vite l’œuvre principale
dont elle doit résumer l’intention, ce qui nous permettra plus vite d’en tirer des profits substantiels. Cette sous-traitance nous permet aussi d’avoir un dossier prêt pour demander des subventions et chercher des partenaires financiers le plus tôt possible, sans arrêter la production de l’œuvre elle-même. De plus, conformément à la théorie ricardienne de la division du travail, il nous semble évident que l’écriture théâtrale est notre cœur de métier tandis que la rédaction de dossiers de présentation est, pour nous, une tâche plus secondaire. Dans un univers de travail mondialisé, nous avions donc beaucoup à gagner en nous hyper-spécialisant sur l’écriture théâtrale.
Le second est notre statut social. Oui, le statut d’auteur est précaire mais il ne nous empêche pas de rêver à une certaine réussite. Or, nous avons remarqué que les gens que nous considérons comme des modèles de réussite passent le plus clair de leur temps à faire faire plutôt qu’à faire. En cela, le choix de la délocalisation nous semble être le juste témoin de notre réussite sociale ou, du moins, de celle qui nous attend après la sortie de ce spectacle.
Enfain, com vou l’avé remarké, la calité d’aicriture n’en a absoluement pas patti pâti.
Bien sûr, quelques lecteurs nous diront que nous avons fait le choix de la facilité, que nous ne connaissons pas la manière dont sont traités celles et ceux qui écrivent au Miniprikistan ou que nous nous sommes déresponsabilisés des impacts écologiques de la production de [cette note d’intention]. Nous voulons leur dire que notre prestataire nous a promis qu’il respecterait de nombreux critères de qualité environnementale et des normes sociales strictes. Sans avoir mis un pied au Miniprikistan, nous nous sommes immédiatement sentis soulagés. Par ailleurs, tout comme nos lecteurs, nous connaissons bien tous les dégâts liés aux métiers du numérique et à ceux de l’impression. Il nous semblait donc évident que les éloigner le plus possible de chez nous était la meilleure des choses à faire.
À la lecture de tous ces arguments, certains se demandent certainement pourquoi nous n’avons pas délocalisé la totalité de la création du spectacle au Miniprikistan. Nous y avons bien évidemment pensé en y voyant deux raisons importantes :
– en cas de succès nous aurions été fiers ;
– en cas d’échec, nous n’aurions pas été responsables.
Malheureusement, notre réseau est aujourd’hui trop limité à l’étranger. Cela ne nous a pas empêché de sous-traiter en France de nombreuses tâches non-délocalisables.
Ainsi en est-il de la musique au plateau que nous avons confiée à une batteuse. Placée au centre de la scène, elle incarne le rythme de l’usine, suivi plus ou moins douloureusement par celles et ceux qu’elle emploie. Transportée vers le fond, elle tambourine et offre l’ambiance militaire d’une bataille politique : celle du sauvetage d’une industrie. Qu’elle s’arrête et nous voilà plongé·es dans l’angoisse. Qu’elle ralentisse et nous voilà à l’écoute du battement de cœur d’un personnage. Elle est le chef d’orchestre qui fait régner le désaccord, le système qui impose son tempo au groupe, tord les désirs individuels et précipite des décisions solitaires.
De même, nous avons confié la scénographie à une artiste de notre territoire. Deux panneaux centraux au fond et à l’avant-scène s’ouvrent pour faire place aux grandes entrées : celles du repreneur, d’un conseiller ou d’un ministre. Fermés, ils amènent l’asphyxie de la prison, l’étroitesse d’un bureau d’usine ou la confidence d’un couloir de Bercy. Grands ouverts, ils donnent à voir un hangar ou un parking. Celles et ceux qui ont le sens de l’observation remarqueront que, pour faire des économies d’échelle, cette scénographie ne comporte pas d’échelle.
Enfin, nous avons sous-traité la lumière pour qu’elle suive le mouvement : des néons suspendus donnent la hauteur de l’usine, redescendent pour nous enfermer en cellule, deviennent élégants et tamisés dans les arcanes du pouvoir.
Malgré leur réputation difficile, nous avons aussi choisi des comédiennes et comédiens Français pour porter cette création. Remarquez que tous incarnent plusieurs personnages afin d’en limiter le nombre. Ils ont reçu pour consigne de jouer ce qui est absurde avec sérieux et ce qui est sérieux avec absurdité. Nous pouvons donc dire que notre entreprise de sous-traitance est une réussite de la note d’intention jusqu’à la représentation du spectacle.
Nous avons rendu publiques nos décisions et aucun représentant politique ne semble s’être ému de notre organisation. Certains nous ont même félicité pour notre compétitivité remarquable dans le climat hyper-concurrentiel qu’est celui de la production culturelle. Bien sûr, d’autres estiment que la production artistique finira par être un bien commun – soixante dix ans après notre mort, hélas pour nos petits-enfants – et que, en ce sens, son organisation devrait faire l’objet de discussions collectives. À ces derniers, que nous trouvons bien préoccupés par les générations futures, nous répondons que si nous voulons discuter collectivement de l’organisation de tout ce qui a une influence directe ou indirecte sur ce que nous avons en commun, alors nous n’avons pas fini de discuter… »
Distribution
Texte et mise en scène Samuel Valensi et Paul-Eloi Forget
Avec June Assal, Valérie Moinet, Bertrand Saunier ou Stefan Godin ou Michel Derville, Thomas Rio ou Brice Borg, Samuel Valensi, et Mélanie Centenero ou Chloé Denis à la batterie
Assistanat à la mise en scène Alexandre Babey et Alice Hefling
Lumières Geoffroy Adragna
Costumes Carole Nobiron
Musique Lison Favard, Léo Elso et Mélanie Centenero
Création sonore Timothée Langlois
Régie Malo Guérin, Paul Maillot, Hugo Revy
Scénographie Bastien Forestier et Sandrine Lamblin
Administration de tournée Clémentine Armand
Diffusion Acme – Axel Yvon
Mentions obligatoires
Production La Poursuite du Bleu et JUMO Production
Coproductions Le Tangram – Scène Nationale d’Évreux • Le Théâtre d’Auxerre – Scène conventionnée d’Intérêt National • Le Théâtre de la Concorde – Paris • Les 3T – Théâtre du Troisième Type – Saint-Denis • Le POC ! – Scène culturelle d’Alfortville ainsi qu’ACME • Jumo Production • Stéphanie Bataille • Jean Despax • Margaux Gregoir • Nicolas Laugero Lasserre
Soutiens Théâtre de Belleville • L’Étoile du Nord – Scène conventionnée d’Intérêt National • L’Espace Sorano – Vincennes • Théâtre Roger Barat – Herblay-sur-Seine • ADAMI.
Action financée par la Région Île-de-France.
« Un théâtre énergique et joyeux. Une comédie aussi enlevée qu’instructive. »
La Terrasse









